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  • Surprise(s) d’Octobre: l’écume des jours ?

    Pour secouer l’opinion américaine dans le dernier mois de la campagne, il va être difficile de faire mieux que la crise financière. Mais on peut compter sur McCain pour tout essayer. Slate propose une liste de coups d’éclat. Deux possibilités plus sérieuses sont dans l’air (et dans les papiers) : ressortir l’effrayant Révérend Wright dans une nouvelle campagne d’attaques, ou marier Levi avec Bristol, la fille de Palin. Personnellement, l’une et l’autre stratégies me semblent vouées à l’échec. Mais c’est la seule chance de McCain : réintroduire un peu d’imprévisible.

    Au fond, je suis bien conscient que l’importance de ces rebondissements médiatisés est très relative. Non seulement parce que je ferais mieux de m’occuper des “vrais problèmes” et des programmes des candidats, mais aussi parce que leur influence sur le vote est douteuse. Joël Gombin, dans un billet consacré à la formulation des questions de sondages, rappelle que la stabilité des votes contraste avec les fluctuations des opinions dans les mois qui précèdent. “L’écume des jours” de la campagne n’intéresse que ceux qui ont un intérêt à s’y intéresser (le bégaiement bourdieusien est de moi).

    D’un autre côté, je n’en suis pas si sûr. D’accord, je n’y connais pas grand chose en science politique ou en sociologie politique. Les modèles sociaux-démographiques semblent capables de prévoir une élection “à quelques points de pourcentage près” (comme le dit l’article cité par Joël Gombin). Ça permet de montrer à quel point les votes sont déterminés, malgré les va-et-vient écoeurants des sondages, et parfois à l’insu même des électeurs. Mais c’est insuffisant, parce que les élections sont presque toujours serrées, pour nous permettre de devenir riche sur Intrade. (Si vous voulez tenter votre chance, François Briatte a une série de liens sur les prédictions.) Pourquoi les événements de la campagne électorale ne feraient-ils pas de différence ? S’il avait lieu, le mariage de Bristol Palin résisterait sans doute à l’investigation statistique, il ne changerait pas les votes d’une grande majorité des électeurs, il n’en serait pas moins important.

    Ces événements de campagne peuvent faire le résultat. Sont-ils intéressants pour autant ? Je dis oui. Et voilà!

    Update: Google me dit de lire ce livre. Merci Google! Comme si j’avais le temps! J’ai un blog à écrire, moi.

    Wednesday, October 1st, 2008 at 01:36
  • LD
    Wednesday, October 1st, 2008 at 16:37 | #1

    Shorter : le mariage de Bristol Palin décidera de l’élection. Ou pas.

    Je ne suis pas aller voir tous les liens auxquels tu renvoies. Mais comme tu dis, un tel évènement aurait sans doute (?) une influence importante (?) sur le résultat du vote (qui donc sera ?) Mais le phénomène serait trop complexe pour qu’on puisse bien mesurer la proportion des électeurs qui changeraient leur vote dans un sens ou dans l’autre.

    On pourrait dire de manière plus générale qu’en matière de politique électorale, on sait vraiment pas bien mesurer numériquement et donc on peut pas prédire. D’où, me semble-t-il, la différence avec des champs d’investigation plus simples, comme par exemple la finance.

  • Wednesday, October 1st, 2008 at 17:27 | #2

    D’accord. Mais
    1) Il y a d’autres manières de s’intéresser au mariage de Bristol Palin que le commentaire télévisuel de sondage, les statistiques (impossibles) ou la prédiction.
    2) Par exemple, en se demandant si l’imprévisibilité n’est seulement qu’un aspect malheureux, ou plutôt une fonction essentiel du système (électoral ou financier).
    3) Ou encore, en réussissant malgré tout à faire des statistiques, par exemple sur les effets du soutien d’Oprah Winfrey ;-)

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