Baptiste Coulmont, le parrain de la blogosphère sociologique française, me fait une offre que je ne peux pas refuser : expliquer pourquoi j’ai un blog.
C’est un peu étrange de parler rétrospectivement d’un blog que j’ai ouvert il y a 15 jours. Mais comme je l’ai dit dès le début, mon expérience est plus ancienne. J’ai commencé avec ContreBande première version, un blog anonyme et disparu dont je mettrai les petites archives en ligne prochainement, inspiré par quelques blogs que je lisais en 2004, Coulmont, Andrew Sullivan, David Madore et d’autres. Je suis devenu blogueur parce que j’étais lecteur, j’ai imité une forme qui me semblait agréable, efficace et facile (par rapport à, disons, l’écriture d’un article scientifique). Et parce que, bon sang! il n’y avait pas de raison de laisser les économistes dominer la blogosphère française… C’était aussi un moyen de diminuer ma solitude quand je vivais à Baltimore, en 2004-2005. En septembre 2006, de retour aux États-Unis, j’ai ouvert un blog privé, destiné uniquement à garder le contact avec les amis ou la famille. Mais il s’est vite rempli de dessins ou de commentaires politiques, et je finis donc par retourner à ContreBande, et un site Internet que je finirai bien par construire autour.
En théorie, l’intérêt scientifique des blogs me semble évident. On peut communiquer à distance de manière ouverte, essayer des idées, s’obliger à mettre en forme ses pensées, faire des rencontres, montrer la recherche qui se fabrique, être pédagogique ou vulgarisateur, analyser l’actualité, etc. En pratique, je n’ai encore presque rien fait de tout cela. Blog anonyme puis blog privé : clairement, le monde universitaire et les conséquences académiques et professionnelles du blog m’intimident. Mais se cacher est à double tranchant, et j’espère que les contraintes liées à ce blog public me seront plus encourageantes.
Pourquoi ? D’abord parce que j’aurai sans doute des échanges un peu plus soutenus avec d’autres sociologues internautes. Ensuite mon directeur pourrait bien passer par ici : j’ai intérêt à lui montrer que je bosse. Enfin, parce que je peux rêver à des bénéfices somptueux en terme de capital social: l’argent, les admirateurs, une interview dans le Nouvel Observateur et un poste à l’université française viendront vite, j’en suis sûr. C’est simple : à chaque fois que je suis tombé sur un blog en googlant un nom de chercheuse, mon attention et mon intérêt ont été multipliés.
Je poursuis la chaîne (décrite ici) vers trois personnes dont les réponses m’intéressent: Clémentine Gallot, journaliste, Pheobe Maltz, en thèse de french studies, et David Madore, mathématicien.
“Le Parrain”… hmmm
Et dire qu’un jour on m’appellera peut-être “Le Mandarin” !