J’ai lu, ici ou là, des internautes se réjouir de ce que les cochons ne volent pas. Contrairement à la grippe aviaire, ils espéraient qu’une grippe “porcine” soit plus facile à contenir. Mais il y a des animaux qui voyagent plus vite, plus loin et plus souvent que les oiseaux. Ce sont les humains. Sur le blog Effect Measure, des “senior public health scientists and practitioners” signent sous le pseudonyme collectif de Paul Revere. Ils suivent en détail ce début d’épidémie, et se plaignent de ce que l’Organisation Mondiale de la Santé a longtemps fait semblant de croire qu’une épidémie de grippe pouvait être bloquée aux frontières. Pour eux, le virus est déjà international. 20 cas confirmés aux États-Unis, 6 au Canada, des cas suspectés à Londres, en France, en Espagne, en Israël et en Nouvelle-Zélande semblent leur donner raison…
L’ administration Obama n’est pas tout-à-fait prête à réagir: les nominations de hauts fonctionnaires ne sont pas achevées, et la future ministre de la santé est retenue par des sénateurs républicains qui s’inquiètent de ses positions sur l’avortement. Le Mexique, qui a l’air un peu dépassé également, a préféré envoyer ses échantillons à des laboratoires canadiens plutôt qu’états-uniens dans un premier temps, quand ils ont réalisé il y a deux ou trois semaines qu’ils avaient un problème de santé publique.
Obama lui-même est-il malade ? C’est la rumeur qui fait le tour de Twitter depuis qu’un journal mexicain, Reforma, a remarqué qu’il avait rencontré l’archéologue Felipe Solís au musée d’anthropologie de Mexico le 16 avril. Felipe Solís est mort le lendemain d’une affection “ressemblant à la grippe“. Samedi, le ministre mexicain de la santé José Córdova a démenti que la influenza porcina soit la cause de la mort de Solís (en Espagnol, derniers paragraphes). Il ne s’agirait “que” d’une pneumonie.
Pourquoi la grippe semble-t-elle moins sévère aux États-Unis qu’au Mexique, où elle a fait au moins 100 morts ? Le virus a muté ? Le climat a un effet ? Les Mexicains ont une santé plus fragile ? Le taux de mortalité (officieux, peut-être surestimé) au Mexique est d’à peu près 6%. S’il n’y a pas eu de morts aux États-Unis, c’est peut-être que nous ne sommes qu’au début.
Quand ce sera fini, les analystes de réseaux sociaux pourront peut-être en faire une étude de cas pour les épidemiologistes (du côté de la contagion) et pour les politistes (du côté de la coopération internationale). En attendant, je vais éviter les foules et me laver les mains…
