Les onomatopées ont-elles une étymologie ? Évidemment, même si on croit facilement qu’elles sont naturelles, primitives, voire, comme Leibnitz, à l’origine du langage humain. D’où vient “miam” ? D’une “onomatopée enfantine”, me dit le CNRS, mais ensuite de Montherlant et de Feydeau (en 1914, “mniam mniam”, comme en Polonais). Onomatopée enfantine, on fait difficilement plus primitif. Le “yummy” anglais viendrait également du “baby talk” d’après le Online Etymology Dictionary.
En même temps, je trouve que ça ressemble étrangement à “igname”, “yam” en Anglais. D’après le même Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales du CNRS, “igname” vient du portugais “inhame”, “lui-même probablement emprunté à une langue bantoue d’Afrique occidentale, d’où cette plante est originaire : ce sont les Portugais qui l’ont introduite en Amérique du Sud” où l’ont trouve d’abord le mot français. Le “yam” anglais a la même étymologie nous dit Wikipedia “« Igname » se traduit « yam » en anglais. Cela vient d’une racine africaine « nyam » qui signifie « manger » et que l’on retrouve dans plusieurs langues africaines : « nam » en wolof, « yamyam » en haoussa, « nyama » en zoulou. Par exemple, les Peuls disent « wari nyami » pour dire « venez manger ».“
Donc je me pose plein de questions. Est-il possible de trouver des indices d’une filiation ? Que signifie le caractère enfantin d’une onomatopée (”vroum vroum” ou “pin pon”), une onomatopée utilisée par les enfants, ou une onomatopée qui caricature les enfants (”arheu”) ? On pourrait imaginer que Feydeau et Montherlant reprennent, pour moquer le parler enfantin, un mot que l’idéologie coloniale, parce qu’il viendrait d’une langue africaine, assimilerait à une expression primitive. Pour prendre un contre-exemple, “Coucou” a une étymologie latine distinguée, c’est un mot sérieux, comme “igname”, et “cocu” qui en dérive est d’ailleurs un mot d’adulte. “Miam” n’a pour ainsi dire pas d’origine: c’est du baby talk. Ou du petit nègre ?

For once you have learned some useful Polish words. There is “mniam mniam,” “ku-ku” and “wrum wrum” …
Thanks. That’s another reminder that onomatopes have indeed an etymology (I mean, you Poles stole words from the French again!).
How do you say “pin pon” (the firemen truck…) ?
Une (géo)politique de l’onomatopée : passionnant. Merci.
I thought we were done with the nationalistic jokes? You French people can’t stop, can you? I am sure there is a perfectly valid conspiracy theory explaining how French devoid of their own linguistic and cultural development have “borrowed” Polish vocabulary. Just because we have nasal sounds, does not mean that it is okay, all right? But I give you “pin pon,” I have no clue what it means, there is only one valid conclusion explaining this: Polish language is too sophisticated for such onomatopoeia.
> Yv: Merci.
> Ola: “I am sure there is a perfectly valid conspiracy theory”… You should definitely start a blog. “Pin pon” is the onomatope for the sirens of firemen trucks or ambulances, and especially for children playing with toy firemen trucks…
I find it hard to think of a fire truck sounding word… or rather how to transcribe it. Polish language takes onomatopoeia as a root of many of its words, like : deszcz (rain) szum (sough) skrzypiec (squeak).
Maybe I finally will start a blog…
“Est-il possible de trouver des indices d’une filiation ? Que signifie le caractère enfantin d’une onomatopée (”vroum vroum”)…”
J’ai commis un ouvrage intitulé “Entendre les mots qui disent les maux”, paru en 2006.
J’y réponds à vos multiples questions.
Pour résumer j’ai montré que la linguistique consciente repose sur la dualité du signe verbal selon le dogme saussurien. Mais cette théorie date des années 1900 et fait l’impasse sur les découvertes récentes en neurobiologie du cerveau.
Nos mots actuels avaient pour ancêtres des cris qui se sont différenciés comme signaux d’alerte spécifiques de certaines menaces.
C’est sans doute le Sorcier qui est à l’origine des premiers mots, qui n’ont pas été inventés sans motivation inconsciente. Le mot n’est pas un signe “c.i.a” (conventionnel, arbitraire ou immotivé), il est construits d’unités inconscientes (environ 120 couples de lettres) et de 26 lettres codant chacune pour 3 sens…
Dans l’inconscient l’onomatopée miam se décompose en plusieurs unités signifiantes : am qui code pour lutte contre ou amour, im qui code pour transformation de matière en énergie (chimie, enzyme, alimentation…) ou image (mimétisme, mimique, imiter, film…), ia qui code pour crainte ou propagation et m qui possède 2 sens minuscules : onde et matière.
Ainsi miam miam peut traduire soit une crainte, une lutte pour s’alimenter en matière soit “l’amour qui se propage de la transformation de matière en énergie”.
On qualifie souvent ces petits mots onomatopéiques d’enfantins, mais cela témoigne surtout d’un certain orgueil des adultes. Les mots du langage bé seraient des répétitions de syllabes de mots d’adulte mais c’est erroné. Bobo, dodo, lolo par exemple ne sont pas la répétition de syllabes du mot adulte mais la répétition d’une langue “maternelle” inconsciente. Ainsi dans bobo le cerveau perçoit aussi ob, dans dodo od et dans lolo ol. Or ob a toujours dans nos mots actuels le sens inconscient de la préposition latine ob = en face de (objet), à l’encontre de (objecter), od code pour onde, ol code pour rond, goutte (collostrum, collyre, collutoire, alcool…
Il serait très intéressant donc de collecter les onomatopées des différentes langues (je ne connais pas d’ouvrages sur ce sujet.
En allemand dodo se dit schlo schlo (schlafen = dormir).
Vroum vroum onomatopée imitant le bruit d’un moteur qui tourne est une onomatopée enfantine car c’est une création récente qui démontre le conditionnement inconscient de notre langage (um = transformation subtile et volatile, vr = tourner ou entourer). c’est parce que le cerveau de l’enfant a été nourri de livre (dont on tourne les pages), d’ouvrir (la porte tourne sur ses gonds, d’ivresse (qui fait tourner), d’oeuvre (grâce à un tour), de pieuvre (qui entoure) ou de lèvre qui entourent, etc, qu’il est capable de reconstruire des mots plus courts exprimant ses concepts symboliques…
Pardon pour ces explications un peu abruptes qui nécessiteraient davantage de développements.
Le signifiant “igname” indique que cette plante peut être élevée (ign = haut, élevé comme digne, pignon, ligne, vigne, Tigne, chignon voir tignasse…). L’igname est en effet une plante grimpante qui peut atteindre 6 mètre de haut.
> Chrisor: Merci pour vos commentaires, mais il en ressort que nous ne sommes pas d’accord du tout. J’avais d’ailleurs évité de mettre en lien la page wikipedia française sur les onomatopées, où vous avez également exposé une partie de vos idées, semble-t-il, parce qu’elles me semblent infondées. Vous dites :
“Le mot n’est pas un signe “c.i.a” (conventionnel, arbitraire ou immotivé), il est construits d’unités inconscientes (environ 120 couples de lettres) et de 26 lettres codant chacune pour 3 sens…” et vous semblez ensuite attribuer à ces unités des significations absolues (ni conventionnelles, ni arbitraires, ni immotivés). Mais c’est totalement contradictoire avec la diversité empirique des langues humaines.
“Il serait très intéressant donc de collecter les onomatopées des différentes langues (je ne connais pas d’ouvrages sur ce sujet.”
Ça serait très intéressant, effectivement… Puisque “igname” vient d’abord du portugais “inhame”, vous auriez pu commencer par donner des exemples de “l’unité signifiante” “ign” en Portugais, plutôt que vigne, ligne, etc. en Français. Mieux encore, il faudrait commenter son étymologie africaine.
Ce que je dis dans mon billet est donc précisément l’inverse de ce que vous dites: que les onomatopées aient une étymologie signifie que leur origine doit beaucoup au hasard historique des échanges linguistiques, et pas à une signification primordiale des sonorités. Quand je parle de trouver des indices d’une filiation, je pense à des indices historiques. Si un romancier français de 1890 faisait dire à un personnage ouest-africain “niam” ou “yamyam”, par exemple, ce serait un excellent indice. Si on apprenait que les contacts entre les tirailleurs sénégalais et les francophones autour d’eux faisaient un usage important de ces mots, ce serait un autre indice décisif. Le fait que le “mniam mniam” polonais reprenne exactement le mot de Feydeau me semble démontrer qu’il y a eu un transfert, autrement dit, que les onomatopées peuvent avoir une étymologie. Je regrette de ne pas avoir été assez clair là-dessus.
Je ne suis pas opposé à l’idée que les sons aient du sens, et que la dynamique d’une langue soit pleine de rapprochements inconscients ou non que l’étymologie classique ignore. Mais vous faites preuve d’un systématisme qui me semble, franchement, un peu absurde. Auriez vous des références à partager, outre votre livre, sur ce sujet ?
>Damien:
Je n’ai hélas pas de livre autre que le mien à vous proposer. Vous parlez d’absurde” et c’est le mot qui convient pour qualifier votre “surdité” que je comprends parfaitement. J’ai mis plus de 10 années à décrypter ces unités linguistiques et j’ai découvert les premières par hasard en faisant des recherches sur les onomatopées de la douleur. Comme vous et comme tout le monde je ne pourrais admettre d’emblée ce que je vous affirme sur la nature motivée inconsciente de tous les mots sans exception.
Si vous daignez non pas m’entendre mais écouter, je vous indique le sens que j’ai trouvé à quelques couples de lettres il y a une douzaine d’années:
ar = sommet, prééminence et/ou menace
or = limite et/ou lumière
cl = fermeture et ou retentissant
cr = mort et/ou casse
Trouvez des exemples où il vous semble que ces lettres ne peuvent comporter ce sens. Je vous défie de trouver une exception.
Les mots sont composés de plusieurs unités chargées de symboliser le référent (géométrie statique et dynamique, émotion qu’il engendre).
Le signifié varie beaucoup d’une langue à l’autre et la langue confère à celui qui la parle un univers spécifique à cette langue.
Devant le référent arbre, l’image d’un arbre, on parle de Baum si on est allemand, tree si on est anglais et arbre en français. Trois signifiants qui n’ont pas de phonèmes communs. Donc c’est par pure concention que dans chaque langue on aurait désigner un référent par une chaîne sonore qui le représente. Et bien, non ! à suivre
corrections orthographiques !!!
…Donc c’est par pure convention que dans chaque langue on aurait désigné un référent par une chaîne sonore qui le représente.
Les mots sont bien une peinture symbolique des choses comme le suggérait Cratyle de Platon il y a quelques millénaires. Pour le même objet/référent, autant de tableaux différents que d’artistes.
Si vous demandez à un norvégien et à un marocain de vous dessiner un arbre, vous vous rendrez compte que le signifié varie d’un pays à l’autre. Quant on est entouré de conifères ou de palmiers on n’a pas dans sa rtête la même représentation de l’arbre. La notion de variation di signifié doit être appréhendée pour comprendre la variabilté des noms pour nommer les objets de l’environnement.
Merci de vos réponses. Je ne suis toujours pas convaincu (et je ne pense pas consacrer 10 ans au sujet).
Quel “sommet, prééminence et/ou menace” dans “lard”, “radar”, “Arabe”, “Babar” ou même “arbre”, que vous citez. Certes, Babar devient roi… Allez-vous me répondre qu’un arbre est grand ? Et un palmier ? Et un arbuste ? une pancarte ? un artisan ? Quelle menace dans un canard ?
Merci encore de vos efforts explicatifs. Je suis sceptique, mais je suis aussi relativement ignorant. Vous devriez sans doute essayer de convaincre des gens dont c’est la spécialité, des linguistes et autres, plutôt qu’un thésard (”sommet, prééminence et/ou menace” ?) en sociologie comme moi.
>Damien
Le signifiant “arbre” se décrypte br - ar c-a-d soit lignes brisées prééminentes soit “se briser menace”. Pour un français un arbre est un chêne sans feuilles, imposant par sa stature et son port. rui fait trembler les feuilles tel le tremble français car le vent souffle tree tree souvent sur les îles britanniques (cf les tableaux de Turner).
Les mots sont des ensembles de symboles et le mot arabe par exemple commporte le couple de lettre ab (= éloigne ou approfondit) et le couple ar (menace , prééminence), donc l’un des sens peut se résumer en “éloigne la menace”.
La menace du radar sur les routes semble évidente.
Dans canard le n peut annuler et signaler que ce volatile n’est pas menaçant à l’inverse du jars.
L’étymologie n’explique pas la présence du couple ar au sommet hiérachique, un ar à la fois prééminent et/ou menaçant : pharaon, maharadja, mandarin, tsar, monarque, César, avec 3 ar pour la religion cardinal, archevêque, archiprêtre, 3 ar pour la noblesse (marqui, baron, archiduc), avec pour la famille : pazrents, marraine et parrain. Le parrain est aussi le chef de la mafia et le mandarin un chef de service hospitalier.
La reine des femmes , Marie. La reine des medias : un star….
Par dérision les français ont suffixés en ard pour signifier le chef des comme dans conard.
Je vous fais grâce des individus qui ont ou velent atteindre le sommet de la hiérachie tels les parvenus, les pharisiens ou les arrivistes..et grâce auusi de ceux qui font croire qu’ils sont arrivés , font les marioles , les fanfarons, les vantards, les tartarins ou les tazans!
Tout l’art martial sous l’égide du Dieu grec Ares et latin Mars présente un arsenal d’ar : arc, arbalète, sarbacane, harpon, arquebuse, hallebarde, poignard, carabine, pétard, artillerie, char d’assaut, tout un arsenal menaçant de cartouches, charges, gargousses, barils, pour canarder (tiens cette fois un ar menaçant), bombarder, charger à la hussarde, débarquer avec une armada de la marine,, lancer des escarmouches, harceler, se bagarrer, s’emparer, marcher sur, réduire en charpie, faire un carton, un carnage en s’acharnant avec hargne, dare-dare sans faire de quartier tel des barbares ou des tartares… Ar rêtons là.
Et je vous fais grâce des menaces pathologiques signalées par toutes nos maladies en ar soignées par l’homme de l’art, Arzt en allemand.
Les unités billitérales ont toutes deux sens possibles qui peuvent en outre être inversés par les lettres n (qui annule) ou c qui coupe. La carte et la pancarte permettent par exemple d’éviter la menace de se perdre.
Un artisan pratique son art qui devrait toujours avoir ce sens : sur terre la prééminence et non pas la menace comme dans l’art martial.
L’homme écrivait Victor Hugo est un liseur, il a longtemps épelé, bientôt il lira.
Et ce n’est pas toujours facile de lire. Il est cependant évident que le dessin d’un palmier n’a rien à voir avec celui d’un sapin, et je n’obtiendrazi pas de palmes pour l’avoir constaté. Comme vous l’écrivez un palmie c’est haut et l’un des sens inconscients du signifiant Palmier nous parle de lutte contre (am) la difficulté, le mal (al) de progression (P). Et il est vrai plus difficile de grimper à un palmier que dans un sapin. Les palmes du nageur servent aussi à lutter contre pour progresser.
Pour progresser dans la lecture de l’inconscient, il faut lire de la droite vers la gauche : raréfaction = action de raréfier.
Voici par exemple trois onomatopées dynamiques: clac, cra, flac.
Or l’un des sens d’ac est action, cl = fermeture/retentissant, cr = mort/casse et fl = flux/chute, d’où clac = action de fermeture en général retentissante (et je ne parle pas de nos usines en temps de crise!), d’où crac = action de casse/mort, d’où flac = action de flux.
Les onomatopées sont construites d’unités linguistiques inconscientes qui servent de briques à notre langage.
Le cri dont la commande dépend de l’hémisphère cérébral D s’est hominisé et est “passé” à gauche (dans l’autre hémisphère où se situent les aires du langage conscient)
en s’enregistrant inversé par apprentissage difficile (dodo, bobo, lolo..) pour un conditionnement syllabique.
Rechercher une filiation phonétique entre les mots de langue différentes (comme l’a fait Merrit Ruhlen dans l’Origine des langues ) pour désigner le même objet ou concept est une erreur mais tenter de résumer cet objet ou ce concept par une forme ou une ligne géométrique associée à l’émotion qu’il nous procure, voilà ce qu’a réalisé le cerveau des hommes de toute langue. Car chacune des unités linguistiques est reliés à un schème sttatique ou dynamique associé à une émotion. Mais vérité en deça des Pyrénées, vous le savez bien, n’est pas forcément vérité au delà. Chacun voit midi à sa porte et l’inconscient des créateurs de mots ne retient pas les mêmes symboles d’un pays à l’autre. Nous vivons dans des univers parallèles en raison de nos langues différentes qui nous donnent du monde des représentations différentes.
Il s’est produit quelques coupure dans le texte en particulier au sujet de l’arbre. En anglais tree se transcrit par “écoulement de l’air qui fait trembler les feuilles tel le tremble français….